Une tentative de l'historique du Club ACC de Salon de ProvenceLES DEBUTS
Il y a vingt ans une poignée d'élèves en 2nde m'ont demandé si on pouvait tourner un "film" en anglais en format Super 8. Parmi ces élèves, il y avait Bruno Mistretta, qui est aujourd'hui caméraman à FR 2, après avoir fait ses études de cinéma à Louis Lumière…Notre premier film s'appelait Un Rêve Fou. Prémonitoire, car il fallait être fou pour croire dans cette passion, fonder un club de cinéma au sein d'un lycée, se consacrer corps et âme, malgré les difficultés rencontrées, soit de l'incompréhension pure et simple de la part des amis, collègues, et de l'administration, soit des problèmes matériels, de temps et de financement.
LES PREMIERS SUCCES
Mais après Hérvé, film du club, en 16 mm, primé au Métierama, nous étions lancés. Le club s'est constitué en association 1901, sous la présidence dynamique de Mustapha M'Jahed, et a adhéré à l'UMCV et la FFCV. Avec Mourir pour s'Aimer, en 16mm, écrit par Didier Brosse, malheureusement disparu très jeune, des prix pleuvaient--prix de réalisation, pour l'acteur, l'actrice, au Régional de Toulon, et sélection au National à Mulhouse… Mais ce que je n'oublierai jamais pour ce film, c'est qu'on nous a invité à bord du Train-Cinéma, pour nous rendre au Festival de Valenciennes en compagnie d'Yves Boisset et de Natalie Baye, que les jeunes ont pu interviewer. Le prix et le chèque nous ont été remis en mains propres par Frédéric Mittérand, Président du Jury…
LA VITESSE DE CROISIERE
Ces succès ont fait que l'administration du Lycée Craponne, maintenant solidaire et consciente de l'apport créatif des films du club, a réussi à faire ouvrir les sections cinéma, en partenariat avec les Rencontres cinématographiques de Salon. Que de chemin parcouru! Et ce n'était pas fini, loin de là. Car le film suivant, en 16 mm, Bon Voyage Sakina, tourné comme toujours avec les jeunes, a été primé plusieurs fois, ( à St Gély, entre autres), sélectionné pour le National à Pau, séléctionné pour la Cinémathèque de la Fédération, objet d'une émission sur France 3 Méditérranée ( L'enjeu 90), primé à Liège en Belgique--et j'en oublie.
AUTRES ACTIVITES
Les films de l'ACC ont souvent "servi" à des débats en classe ou des journées portes- ouvertes, colloques, stages. Nos jeunes membres ont participé à ces débats, ont accompagné les films partout, ont rencontré le public, soutenus le regards surpris, parfois outrés des réalisateurs plus confirmés qu'eux. Pour permettre à ces jeunes de participer, il a fallu se bagarrer pour voir enfin établir un tarif "jeunes" à la Fédération. Enfin, plusieurs entre eux ont été membres du Jury national.
Au fil des ans beaucoup de films ont été réalisés par les membres du club, au rythme de 2-3 par an, en vidéo surtout, toujours primés, parfois sélectionnés au National. Il serait fastidieux ici de les énumérer, mais chaque production présentait un intérêt, par sa technique, par son thème, par le défi du travail collectif. Le Club a co-produit certains de ces films, qui ont été présentés au bac, avec succès.
Les membres du Club ACC ont aidé le Conseil Municipal d'Enfants de Salon plusieurs fois à tourner leurs films. Ils ont donné un "coup de main" à des associations, en filmant leurs prestations, réalisé des reportages sur des festivals d'été. Il serait trop long ici d'en faire la liste. Mais le club a été généreux avec son temps, son matériel et ses talents. C'est peut-être pourquoi il est si bien connu à Salon.
Au-delà de Salon, les membres du club ont participé deux fois à l'Arrêt sur Images, l'émission sur F5; F3 Paris et le CNDP nous ont consacré une émission.
Un de nos films récents, tourné en 16mm celui-là, Si Antigone s'appelait Anissa, a été projeté à la Cinémathéque Française à Paris, dans le cadre des 10 ans de cinéma au bac. Quelle fierté! Le parcours etait long et parfois dur, mais toujours passionnant.
REMERCIEMENTS
Un facteur déterminant dans la longévité de notre club est la collaboration des anciens membres, qui reviennent toujours, pour aider les nouveaux, les former, les encadrer, et pour continuer la tradition.
Pour beaucoup de jeunes qui ont choisi un métier dans l'audiovisuel, notre club a sûrement fait partie des raisons de leur choix. La rencontre avec le réalisateur Louis Groppa a été décisive; longtemps membre de la Fédération, il nous a aidé et soutenu pendant de nombreuses années. Les jeunes n'oublieront jamais sa façon discrète et positive de les laisser mettre les "mains à la pâte" dans son studio haut perché dans le Lubéron et qui nous semblait être un paradis terrestre pour un cinéaste…
UNE NOUVELLE VIE
Le club ACC continue son existence à la Maison des Jeunes et de la Culture à Salon, qui nous accueille avec enthousiasme. C'est un nouveau chapitre qui s'ouvre. Le club est prêt à engager de nouvelles aventures…cinématographiques. 2007 JG